La Charcuterie du Moulin quitte son site historique et triple sa capacité de production (sources : OUEST FRANCE/LE MAINE LIBRE)

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  • juin 09, 2021
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Les engins de travaux s’affairent dans la zone de Valmer, à Cherré-Au. Les anciens locaux des Rillettes Sarthoises du Val d’Huisne, vides depuis fin 2012, vont retrouver une activité avec l’installation de la Charcuterie du Moulin qui quitte son site historique de Saint-Aubin-des-Coudrais qu’elle occupait depuis sa création en 1946.

La production s’arrêtera le jeudi 10 juin 2021 au soir à Saint-Aubin pour recommencer le mardi 15 juin 2021 à Cherré-Au, un objectif ambitieux​ selon Antonio Vaz, le directeur. Une fois les machines déménagées, le bâtiment historique sera vidé puis vendu.

4 600 m² pour produire

La nouvelle usine offrira à la Charcuterie du Moulin 4 600 m², contre 2 500 dans l’usine actuelle. | LE MAINE LIBRE

Le projet a été lancé en 2019, après le rachat de la Charcuterie du Moulin par Bahier. Le bâtiment que nous occupons actuellement est vieillissant et est devenu dangereux, il aurait fallu faire beaucoup de travaux pour le réhabiliter. Là, on a investi 8 millions d’euros pour avoir une usine complètement adaptée à notre métier​, détaille Antonio Vaz.

Sur les 4 600 m² du bâtiment, 2 000 viennent de l’ancienne usine des Rillettes du Val d’Huisne qui a été réhabilitée.

Croissance à deux chiffres

Si la Charcuterie du Moulin s’est lancée dans un tel projet, c’est grâce au soutien de Bahier et à ses bons résultats depuis plusieurs années. On a clôturé l’année dernière à 5,3 millions d’euros et on devrait clôturer cette année à un peu plus de 6 millions. On a une croissance à deux chiffres depuis deux ans​, détaille Antonio Vaz.

Des bons chiffres qui s’expliquent par le positionnement de l’entreprise en soutien de la filière locale : Le marché se porte bien, une a rebâti une gamme à nous et on accompagne les producteurs locaux dans les circuits courts, une grosse partie des conserves qu’on produit sont pour eux et ça a le vent en poupe. On veut continuer à les suivre.​Les producteurs locaux, dans un rayon de 150 à 200 km autour de l’entreprise, représentent 20 % de son chiffre d’affaires.

Développer de nouveaux marchés

L’entreprise a sorti en 2020, 750 tonnes de produits et la nouvelle usine est taillée pour arriver rapidement à 3 000 tonnes. Pour continuer à développer le site, Antonio Vaz compte sur de nouvelles variétés de produits : On va devenir des faiseurs de charcuterie froide notamment : merguez, saucisses, chipolatas… ​La Charcuterie du Moulin, c’est déjà plus de 300 références actuellement. Autre piste de développement : le saucisson sec. On a lancé cette activité en 2013 et aujourd’hui on produit sept tonnes, c’est petit. Notre objectif c’est 200 tonnes.

28 personnes travaillent aujourd’hui pour l’entreprise mais sa croissance positive pourrait permettre de doubler les postes pour atteindre 60 employés début 2023. Pour cela, en plus des 8 millions investis pour le bâtiment de la nouvelle usine, 1 million d’euros de matériel supplémentaire a été acheté.

Approche environnementale

Dans l’usine, tout a été pensé pour optimiser au maximum l’impact environnemental des activités. On produit donc forcément on pollue un peu​, constate Antonio Vaz. Mais le nouveau bâtiment respectera toutes les normes avec 900 m² de panneaux photovoltaïques installés d’ici septembre 2021 et une isolation conçue pour préserver le froid à l’intérieur. 530 000 € ont servi à réhabiliter la station d’épuration déjà existante pour répondre aux exigences de la collectivité.

La gestation de ce bâtiment s’est faite dans une période compliquée avec le Covid. Mais on est fiers d’avoir réussi à le sortir de terre. ​Les salariés l’ont découvert ce samedi 29 mai 2021 et y prendront leur poste dans deux semaines.

Une croissance ralentie par le manque de recrutement ?

Antonio Vaz, directeur de la Charcuterie du Moulin. | LE MAINE LIBRE

La croissance de la Charcuterie du Moulin était de 14 % en 2020, l’entreprise espère doubler son nombre de salariés à l’horizon 2023 et le marché semble lui être favorable. Pourtant, un frein pourrait revoir à la baisse les ambitions d’Antonio Vaz, le directeur : On a une seule crainte, c’est l’humain. Certaines entreprises freinent leur croissance parce qu’elles peinent à recruter.

Et le phénomène n’est pas nouveau.    Depuis que je suis arrivé, en 2011, on a toujours cherché des talents. On est dans un bassin d’emplois qui n’est pas facile. » Alors le chef d’entreprise mise sur sa nouvelle usine pour attirer davantage : On s’approche de La Ferté-Bernard, il sera donc plus simple d’y venir et puis le bâtiment est plus agréable.

Autre levier pour attirer du personnel : la continuité de l’emploi. Nous n’avons pas trop de saisonnalité des produits, c’est donc plus facile de gérer le personnel en ayant du travail tout au long de l’année même si certaines périodes sont plus fortes. ​Lisser les activités grâce au montage commercial peut permettre d’assurer un emploi pérenne. Une fois déménagée, l’entreprise cherchera de nouveau du personnel pour lancer ses nouvelles gammes.

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